Externaliser la saisie de données : ce qu'il faut savoir

Externaliser la saisie de données : ce qu'il faut savoir

productivite19 mars 202610 min de lecture

Comment externaliser la saisie de données ? Avantages, risques, coûts, alternatives (OCR, automatisation). Tout sur l'externalisation de la data entry.

La saisie de données, c'est souvent le travail que personne ne veut faire. Recopier des factures. Remplir des tableurs. Transférer des infos d'un PDF vers un logiciel. C'est répétitif, chronophage, et ça prend du temps sur des tâches qui comptent vraiment.

Beaucoup d'entreprises choisissent d'externaliser cette partie. Mais entre les prestataires offshore, les freelances, les plateformes spécialisées et les outils d'automatisation, le choix n'est pas simple.

L

Rédigé par

Lucas

Spécialiste bureautique & productivité

Ancien formateur en entreprise, Lucas teste des logiciels de bureautique depuis 2018. Il a formé plus de 500 personnes à la suite Office et à ses alternatives gratuites.

Saisie de données et bureautique, un travail souvent externalisé
Saisie de données et bureautique, un travail souvent externalisé

Pourquoi externaliser la saisie de données ?

La raison la plus évidente : le temps. Un employé qui passe 3 heures par jour à recopier des données, c'est 3 heures perdues sur son vrai travail. Multiplié par le nombre de personnes concernées, l'addition est salée.

L'externalisation permet de confier ce travail à des opérateurs spécialisés. Ils ne font que ça. Ils sont rapides, formés, et leur coût horaire est souvent inférieur à celui d'un salarié interne.

Les cas les plus courants :

  • Saisie de factures et bons de commande
  • Numérisation de formulaires papier
  • Migration de données entre logiciels
  • Mise à jour de bases clients ou produits
  • Transcription de documents manuscrits

Pour qui, exactement ?

L'externalisation n'est pas réservée aux grandes entreprises. Des freelances, des e-commerçants, des cabinets comptables et des associations y ont recours. Dès que le volume de saisie dépasse quelques heures par semaine, la question se pose.

Les avantages et inconvénients

Avant de se lancer, mieux vaut poser les choses à plat.

Avantages

  • Gain de temps : vos équipes se concentrent sur leur coeur de métier
  • Coût réduit : les prestataires offshore facturent entre 5 et 15 euros de l heure
  • Scalabilité : vous pouvez augmenter ou réduire le volume selon vos besoins
  • Rapidité : des opérateurs dédiés traitent les données plus vite qu un employé polyvalent
  • Pas de recrutement ni de formation en interne

Inconvénients

  • Confidentialité : vos données sortent de l entreprise
  • Qualité variable : tous les prestataires ne se valent pas
  • Communication : le décalage horaire et la barrière linguistique peuvent compliquer les échanges
  • Dépendance : si le prestataire fait défaut, vous êtes bloqué
  • Coûts cachés : relecture, corrections, gestion du prestataire

Combien ça coûte ?

Les tarifs varient énormément selon le pays du prestataire, le type de données et le volume.

Prestataires offshore (Madagascar, Inde, Philippines) : entre 3 et 10 euros de l'heure. C'est le segment le moins cher. La qualité dépend beaucoup du prestataire choisi. Certains sont très fiables, d'autres beaucoup moins.

Prestataires francophones (France, Tunisie, Maroc) : entre 10 et 25 euros de l'heure. L'avantage : pas de barrière linguistique, même fuseau horaire (ou presque), et une meilleure compréhension des documents en français.

Freelances sur plateforme : les tarifs sur Malt, Upwork ou Fiverr vont de 5 à 30 euros de l'heure. Tout dépend du profil. Un freelance expérimenté coûte plus cher, mais il fait moins d'erreurs.

Au volume : certains prestataires facturent à la ligne, à la page ou au document. Comptez entre 0,02 et 0,10 euro par ligne saisie, selon la complexité.

Attention aux tarifs trop bas

Un tarif très bas cache souvent un taux d'erreur élevé. Si vous passez autant de temps à corriger qu'à vérifier, l'économie disparaît. Demandez toujours un test sur un petit volume avant de vous engager.

Comment choisir un prestataire ?

Pas de recette magique, mais quelques critères qui font la différence.

1. Testez avant de signer. Envoyez un échantillon de données et comparez le résultat. Le taux d'erreur acceptable dépend de votre activité, mais au-delà de 2 %, c'est un signal d'alerte.

2. Vérifiez la sécurité des données. Comment le prestataire stocke-t-il vos fichiers ? Qui y a accès ? Y a-t-il un accord de confidentialité (NDA) ? Si vos données contiennent des informations personnelles, le RGPD s'applique. Le prestataire doit être en mesure de le respecter.

3. Demandez des références. Un prestataire sérieux a des clients qu'il peut mentionner. Pas forcément des noms, mais au moins des secteurs d'activité et des volumes traités.

4. Évaluez la communication. Temps de réponse, langue parlée, disponibilité. Si le prestataire met 48 heures à répondre à un e-mail pendant la phase commerciale, ça n'ira pas en s'améliorant.

5. Clarifiez les délais et les livrables. Format de fichier attendu, fréquence de livraison, processus de correction. Plus c'est cadré dès le départ, moins il y aura de mauvaises surprises.

Les plateformes et prestataires connus

Plusieurs options existent selon votre besoin.

Freelances généralistes : Malt, Upwork, Fiverr. Vous trouvez des profils spécialisés en saisie de données. L'avantage : vous choisissez la personne, vous lisez les avis. L'inconvénient : c'est à vous de gérer la relation.

Sociétés spécialisées offshore : des entreprises basées à Madagascar, en Inde ou aux Philippines proposent des services de saisie à grande échelle. Les plus connues en francophonie : Mada-services, RunBPO, ou encore des agences malgaches spécialisées en BPO (Business Process Outsourcing). En France, une entreprise spécialisée en saisie de données comme Saisie-données.fr propose aussi ce type de prestation avec un cadre juridique plus simple.

Plateformes de micro-tâches : Amazon Mechanical Turk, Clickworker. Le principe : votre tâche de saisie est découpée en micro-tâches distribuées à des centaines de travailleurs. Rapide pour de gros volumes simples, mais la qualité est inégale.

Les alternatives à l'externalisation

Externaliser n'est pas la seule option. Selon le type de données, des outils peuvent faire le travail.

L'OCR (reconnaissance optique de caractères)

L'OCR transforme un document scanné ou une photo en texte éditable. Pour des factures, des formulaires ou des documents imprimés, ça fonctionne bien. Les outils comme ABBYY FineReader, Adobe Acrobat Pro ou Google Document AI atteignent des taux de reconnaissance supérieurs à 95 % sur des documents lisibles.

Pour des documents manuscrits ou de mauvaise qualité, le taux chute. Il faudra relire et corriger. Mais c'est toujours plus rapide que de tout saisir à la main.

L'automatisation avec des tableurs

Google Sheets et Zoho Sheet permettent d'importer des données depuis des fichiers CSV, des API ou des formulaires web. Avec quelques formules et un peu de nettoyage, vous pouvez automatiser une bonne partie du travail.

Des outils comme Zapier ou Make (ex-Integromat) connectent vos applications entre elles. Un formulaire rempli sur votre site peut alimenter directement votre base de données, sans saisie manuelle.

L'IA et l'extraction automatique

Les outils d'extraction de données par IA se sont beaucoup améliorés. Des solutions comme Rossum, Parseur ou Nanonets lisent vos factures, extraient les champs (montant, date, fournisseur, TVA) et les injectent dans votre logiciel comptable.

Le coût est souvent inférieur à celui d'un prestataire humain sur de gros volumes. Et la fiabilité progresse d'année en année.

Quand l'automatisation suffit

Si vos données viennent de documents structurés (factures, formulaires, e-mails standardisés), l'automatisation couvre 80 % du travail. Réservez l'externalisation aux cas complexes : documents manuscrits, formats variés, données non structurées.

Externalisation ou automatisation : comment choisir ?

Ça dépend de trois choses.

Le type de documents. Des factures PDF standardisées ? L'OCR et l'IA font le travail. Des formulaires manuscrits avec des écritures variées ? Un opérateur humain sera plus fiable.

Le volume. En dessous de 100 documents par mois, un outil d'OCR ou un freelance ponctuel suffit. Au-delà de 1 000 documents par mois, l'externalisation structurée ou l'automatisation devient rentable.

Le budget. Les outils d'OCR et d'automatisation demandent un investissement initial (abonnement, configuration). L'externalisation a un coût récurrent mais prévisible. Sur le long terme, l'automatisation revient souvent moins cher.

Rien n'empêche de combiner les deux. L'OCR traite les documents standards, et un prestataire gère les exceptions.

La question de la confidentialité

C'est le point qui bloque le plus souvent. Envoyer des données clients, des factures ou des informations RH à un prestataire externe, ça pose des questions légitimes.

Quelques garde-fous :

  • Signez un accord de confidentialité (NDA) avec le prestataire
  • Vérifiez que le prestataire respecte le RGPD si les données concernent des résidents européens
  • Privilégiez les prestataires qui travaillent sur des serveurs sécurisés, avec un accès restreint
  • Anonymisez les données quand c'est possible (par exemple, masquer les numéros de sécurité sociale ou les coordonnées bancaires avant envoi)
  • Limitez les accès : le prestataire n'a besoin que des données strictement nécessaires à la saisie

RGPD et sous-traitance

Si vous confiez des données personnelles à un prestataire, vous restez responsable en tant que responsable de traitement. Le prestataire est votre sous-traitant au sens du RGPD. Un contrat de sous-traitance (article 28 du RGPD) est obligatoire.

Les erreurs à éviter

Quelques pièges classiques que rencontrent les entreprises qui externalisent pour la première fois.

Ne pas tester le prestataire. Signer un contrat sur 6 mois sans avoir vérifié la qualité du travail, c'est risqué. Commencez toujours par un lot test.

Négliger les instructions. Un document de cadrage clair (format attendu, règles de saisie, gestion des cas ambigus) réduit les erreurs de 50 %. Plus vos consignes sont précises, meilleur sera le résultat.

Tout miser sur le prix. Le prestataire le moins cher n'est pas toujours le moins coûteux. Si le taux d'erreur est de 10 %, le temps passé en corrections annule l'économie.

Oublier le contrôle qualité. Prévoyez un processus de vérification. Un double contrôle (deux opérateurs saisissent les mêmes données, puis on compare) coûte plus cher mais garantit une fiabilité proche de 100 %.

Sous-estimer la gestion du prestataire. L'externalisation ne veut pas dire "je n'ai plus rien à faire". Il faut préparer les fichiers, répondre aux questions, vérifier les livrables. Comptez 15 à 30 minutes de gestion par jour pour un volume régulier.

Questions fréquentes

L'externalisation de la saisie de données est-elle légale ?

Oui, c'est parfaitement légal. Mais si les données contiennent des informations personnelles (noms, adresses, numéros de téléphone), vous devez respecter le RGPD. Un contrat de sous-traitance est alors obligatoire, et le prestataire doit garantir la sécurité des données.

Combien de temps faut-il pour mettre en place une externalisation ?

Pour un petit volume avec un freelance, comptez quelques jours. Pour un contrat avec un prestataire offshore structuré, prévoyez 2 à 4 semaines (test, ajustements, montée en charge). L'automatisation par OCR demande aussi un temps de configuration et de formation de l'outil.

Peut-on externaliser la saisie de données médicales ou financières ?

C'est possible, mais les exigences de confidentialité sont plus strictes. Les données de santé relèvent de catégories sensibles au sens du RGPD. Le prestataire doit offrir des garanties renforcées (hébergement HDS pour les données de santé en France, par exemple).

L'IA va-t-elle remplacer la saisie manuelle ?

En partie, oui. L'OCR et l'extraction automatique par IA couvrent déjà une grande partie des besoins pour les documents structurés. Mais les documents manuscrits, les formats atypiques et les cas complexes nécessitent encore une intervention humaine. La tendance est à l'hybride : l'IA traite le gros du volume, un opérateur gère les exceptions.

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